Notre éducation populaire, c'est d'abord notre histoire.

Et pour commencer, celle du mouvement Peuple et Culture, issu de la Résistance et du maquis du Vercors, où se sont inventées des modalités, des pensées et de la méthode pour résister au fascisme et commencer à construire la future ''société des jours heureux''. Une société où l'on se méfiera des dynamiques collectives conservatrices qui verrouillent la démocratie, justifient les inégalités, individualisent les problèmes et répandent comme seuls critères de choix l'émotion vive, la peur et l'enthousiasme, moteurs essentiels du fascisme.

Se méfier du ''nous'' donc, de ses tendances naturelles à figer, à renforcer des normes sclérosantes, et à s'activer à la personnalisation du pouvoir. Mais se méfier du ''je'', également. Celui qui, par paresse, par confort ou par fatalisme, se replie sur lui-même, ou se réfugie au contraire dans un ''nous'' à qui l’on confierait toutes les rênes, et qui laisse faire, qui renonce.

Le mouvement Peuple et Culture est né en 1945 de cette résistance et s'est fondé sur cette recherche à partir d'un travail méthodologique, d’une éducation à la pensée : l’entrainement mental.

 

Notre histoire, c'est aussi celle du réseau des Crefad, qui s'est donné les moyens de poursuivre ce travail en se créant des espaces de mutualisation : d'abord à trois structures en 2003, puis peu à peu à 16 en 2016… Un réseau et non une fédération, pour laisser plus de place à l'autonomie des projets de chaque structure et à la responsabilité du commun.

Notre éducation populaire, ce sont aussi toutes les pratiques que nous nous sommes appropriées.

Nous avions le choix, tant ce champ témoigne d’une diversité féconde. Ainsi, nous pouvons nous sentir proches des cercles d'études, lieux d'échanges et de formation et autres universités populaires qui sont nés en particulier dans le mouvement ouvrier au 19ème siècle ; plus tard le mouvement des auberges de jeunesse de l'entre-deux guerres ou celui de l'éducation permanente des années 1970 seront porteurs de cette même volonté : apprendre, s’émanciper et transmettre tout au long de la vie, par, avec tout*es… et tout*es capables !

 

En ce sens, nous nous retrouvons dans une éducation populaire qui envisage le peuple, non pas comme le peuple-plèbe, populace qu'il faudrait éduquer, mais comme un peuple-nous, celui que nous sommes, avec tous ces autres qui sont nous… Un nous-peuple-populaire dont nous faisons partie, à l'intérieur duquel nous avons à construire des moyens pour agir, transformer notre environnement social et nos conditions de vie. Un nous-peuple-populaire bigarré, capable de souscrire à l'irrévérence, capable d'entraide et d'alliance, exaspéré par les inégalités et leur(s) reproduction(s) contre lesquelles nous souhaitons lutter, ensemble.

 

Nous tentons de mettre en place des dispositifs où chacun-e puisse prendre place et trouver ou inventer ce dont il-elle a besoin ici et maintenant. Nous expérimentons des pédagogies où l'autoformation collective peut apparaître, où le rapport au savoir, à la culture, au geste est questionné, retravaillé ensemble afin de se défaire de ce qui nous empêche d'agir. Des dispositifs où la pratique et l'expérience s'allient au braconnage, partout et sans crainte, des méthodes et des théories que nous étudions et dont nous nous emparons joyeusement, et qui nous permettent de rendre nos temps de formations et d'interventions agissants et puissants pour la suite.

 

Nous construisons ainsi notre éducation populaire, et elle n’est jamais terminée !

PLUS . . .

Manifeste de Peuple et culture

le réseau des Crefad